EUGENE PECH. Une vie de peinture

EUGÈNE PECH. 1923-1991
Une vie de peinture


Eugène PECH n’aura cessé de peindre que quelques mois avant sa mort, en décembre 1991. Toute sa vie en effet, fut exclusivement vouée à l’art. La musique, la peinture surtout, mais aussi la sculpture et la céramique ont jalonné chaque instant de son existence. Il nous a laissé le souvenir d’un très grand peintre dont l’œuvre considérable ne doit pas sombrer dans l’oubli.

Né à Carcassonne, au pied de la Cité médiévale et aux portes de la ville, il aima la nature dès l’enfance. Il parcourait routes et sentiers recherchant l’insecte ou le brin d’herbe, l’observant avec précision, et surtout, au cours de ses longues promenades, il s’imprégnait de la douce lumière qui transforme le plus banal coin de terre en un somptueux paysage où chatoient les couleurs.
La joie qu’il éprouvait à admirer, Eugène PECH voulait la communiquer. Pendant son adolescence il rechercha les moyens d’exprimer ce qu’il sentait : la musique l’attire, il se complaît dans son étude, mais très vite la peinture, sans l’éloigner des autres formes de la beauté, lui paraît être le moyen d’expression dont il rêvait, et la sculpture, enfin, lui fait découvrir le sens profond de l’art.

Il entame alors de solides études artistiques : ses premières leçons il les doit à un jeune professeur de lycée, LACROIX. Puis il devient l’élève de Jacques OURTAL lui-même admirateur de CORMON qui fut son maître. Pour la première fois, guidé par Louis Henri BOUSQUET, il manie l’ébauchoir. A Toulouse, à l’atelier VIVENT il complète sa formation en perfectionnant sa technique du dessin et au cours de conversations avec Maurice MELAT, musicien et peintre, il sent grandir son enthousiasme : c’est maintenant Paris qui l’appelle. Deux ans, on le voit fréquenter les Beaux-Arts et l’atelier de GIMOND et JANNIOT à Paris. C’est là qu’il acquiert le sens d’un art dépouillé et grand.

Cependant fidèle à la lumière des cieux languedociens, il reviendra chez lui, et dans le calme de son atelier carcassonnais, trouvera les meilleures sources de son inspiration. Parallèlement il sera nommé titulaire des Orgues de la Basilique st-Nazaire et st-Celse de Carcassonne.

L’EXPOSITION EUGENE PECH AU CHANTIER

L’ensemble de peintures présenté frappe tout d’abord par sa variété. Sont ainsi évoquées toutes les étapes de l’évolution d’Eugène PECH, et toutes ses tendances.

Un espace est dédié aux premières années, nous offrant dessins, esquisses délicates, d’où sortiront des œuvres plus importantes, paysages aux douces harmonies, évocateurs de paix heureuse, et parmi les peintures, des études de fleurs, de campagne méridionale nous montrent un artiste soucieux de rendre fidèlement le charme d’une nature qu’il aime.

De ces œuvres, les plus anciennes, où s’affirmait déjà son talent, il s’éloignera peu à peu pour recréer, selon une vision toute personnelle tel ou tel paysage aimé, et aboutir dans les années cinquante à une série méconnue, intitulée par Caty Pech « Les Inattendus de Pech ». La première salle du Chantier lui est consacrée, et étonnera plus d’un visiteur par ses couleurs riches, sa joie, sa facture inattendue, ses compositions ... Ces œuvres qui se situent à la charnière entre prémices et maturité, n’ont jamais été exposées du vivant de l’artiste.

Eugène PECH est en effet mieux connu pour les œuvres qui suivront cette période, marquées par un retour à un impressionnisme teinté souvent de mélancolie. S’y expriment avec pudeur sa solitude, son amour des paysages audois et de sa ville, la tendresse extraordinaire pour sa fille aînée Dominique qui sombre dans la folie et dont les portraits éludent de manière touchante les ravages de la maladie.

On a souvent dit d’Eugène PECH qu’il était le peintre de la Cité médiévale, sans doute parce que ses fonctions à l’orgue de la basilique St Nazaire lui en faisaient franchir les remparts régulièrement, mais il ne l’a peinte que rarement dans son intégralité. Omniprésente dans les tableaux réalisés depuis son jardin ou son quartier, elle n’apparaît que par bribes, énigmatique, souveraine, surgissant derrière un bouquet d’arbres, un enchevêtrement de toits, des branches dépouillées de leurs feuilles, sous un manteau de neige...

Les dernières œuvres, exposées dans l’espace V du Chantier, sont indéniablement dans leur ensemble les plus subtiles, les plus douces et émouvantes...Un chemin disparaît dans les frondaisons, un ruisseau s’enfonçant dans le bois, ne laisse de lumière qu’au ciel, sous un pont, l’Aude s’enfuit... Alors qu’en raison de la maladie, la vie doucement s’efface, elle s’empare plus que jamais par une sorte d’incandescence diffuse, du moindre espace de chaque toile, nous offrant un ultime legs de beauté, de paix, et d’harmonie...
Eugène Pech s’est éteint âgé seulement de 69 ans.

20 juin >21 septembre, de 15h à 18h30, vendredi, samedi, dimanche, et sur RDV : 0674 522 471 caty-pech.fr/lechantier


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