Laure Essinger

"BRUTS." Vu par JEAN-LOUIS BIGOU

par caty pech

BEL ARTICLE DE JEAN-LOUIS BIGOU, publié sur son site après sa visite au Chantier. Allez voir son blog, pour une visite de lieux insolites dans l’aude...
http://delartimprobableauxjardinsinsolitesdanslaudeetlesenvirons.hautetfort.com/archive/2015/10/26/bruts-a-cassaignes-5706137.html

Du 1er Octobre au 27 Décembre dans le petit village de Cassaignes perdu dans la Haute Vallée de l’Aude a lieu une exposition d’œuvres issues pour la plupart du Musée d’Art Brut et de la Collection "l’Art en Marche" de Lapalisse (Allier) créée par Luis Marcel dans. 
Caty Pech, artiste peintre connue dans la région, a créé là, loin de tout, une galerie d’art "Le Chantier" qui depuis 2014 expose avec succès des artistes régionaux mais aussi internationaux comme récemment le colombien Duvan. .
On retrouve dans cette exposition des œuvres d’Aïni, de Rosemarie Kokzy et de Pepe Donate qui étaient présents également à Montolieu chez Cérès Franco. Les véhicules de Tourlonias qu’on a pu voir cet été à Sète au Musée des Arts Modestes et des noms connus comme Monchatre sans ses machines, représenté par 3 dessins et gravure ainsi que Vladimir et Popy présents cette année à l’Outsider Art Fair à Paris. A l’étage une série poignante de Rosemarie KOKZY, qui était également dans la Collection d’Alain Bouillet cet été à Bages. Intitulés "Je vous tisse un linceul", chaque dessin de la série est pour elle une sépulture qu’elle offre à ceux qu’elle à vu mourir dans les camps de concentration. Un peu plus gai, au rez-de-chaussée, le tunisien Abdelaziz LADHARI, ami de Jaber, présente deux toiles naïves et très colorées. Joël Barthes l’éclusier de Puichéric avec 2 de ses sculptures animalières côtoie les masques issus d’objets récupérés de Claude Brugeilles. Dans la même salle les tableaux de Popy entre art naïf et figuration libre voisinent avec les grandes toiles de Jacques Deal qui mélange peinture et collage dans un fantastique surréalisme. Il reste encore à voir Dupire (et du meilleur) Gilgogué, Girard, Jannin, Labelle, Lacoste, Léon, Staëlens, Tavares et Moss . 
Mais c’est au rez-de-chaussée et dans une petite salle du premier que l’on trouve, à mon avis, le travail le plus étonnant, celui de Mariane Sica. Cette dame d’environ 70 ans crée tranquillement dans son petit village de Puivert depuis des années et a très rarement montré son travail. Amie de Caty Pech qui a tenu à l’inclure dans cette exposition bien qu’elle n’ait rien à voir avec la collection de l’Art en Marche, Mariane est là en quelque sorte en marge des outsiders. Son travail est étroitement lié à la nature. Elle inclut des coquilles d’escargots dans des citrons séchés et en remplit des pleins paniers ou en fait des colliers. Avec des bouts de tissus déchirés qu’elle ligote avec du fil et qu’elle tisse ensuite, elle confectionne des vêtements aussi étonnants qu’importables. Avec du tissu et de la terre, elle crée des petits personnages sorte de momies qu’elle couche comme des graines dans des cosses qui évoquent les embarcations mortuaires égyptiennes. A l’étage dans une petite pièce sombre, elle a installé une de ses "barques" avec un corps à l’intérieur grandeur nature intitulée "l’Echouée".
"L’embarcation, cosse, ventre, graine...on ne sait. L’échouée repose sur un vaste lit de sachets de toile emplis d’argiles diverses. Chargée de boue et d’herbes sèches, couleur de terre et de temps passé, elle est nichée aux creux d’une pirogue aux matériaux identiques".....écrit Caty pech.
Il est a noter que Mariane exposera pour la première fois la totalité de son travail au "Chantier" en janvier et février 2016.