Laure Essinger

L’ART EN MARCHE

par webmaster


L’Art en Marche est une association Loi 1901, à but non lucratif. Elle est issue des mouvements d’éducation populaire, nés de la résistance de la seconde guerre mondiale.
Luis Marcel le Fondateur, Président actuel a collaboré avec diverses associations d’éducation populaire comme le moulin des apprentis de Charles CHAREILLES à Bonnat dans la Creuse, francs et franches camarades, le centre national des ateliers éducatifs,…
Professeur de sculpture, il deviendra éducateur, spécialiste des loisirs éducatifs et de la rééducation par les activités manuelles créatrices. Ce passionné de pédagogie exercera dans l’enfance inadaptée pendant dix huit années durant lesquelles il révolutionnera l’ergothérapie.
En 1981, il fonde la galerie des 4 coins qui sera citée dans la presse nationale et internationale comme l’une des plus importantes galeries d’art brut d’Europe. En parallèle avec l’aide de ses collaborateurs, artistes et enseignants, il crée l’Association Quadrillages qui deviendra L’Art en Marche en 1988.
Ce petit préambule justifie les deux options principales de l’Art en Marche, à savoir la pédagogie et l’art.
La vocation de l’Art en Marche est indiscutablement la défense et la promotion de ce que l’on appelle habituellement « art brut ». Luis Marcel préfère le terme de « art populaire contemporain », art de tous pour tous, s’il devait y avoir un art de gauche ce serait celui là ; en opposition à l’art contemporain officiel élitiste pour deux raisons, intellectuellement et financièrement (la spéculation internationale s’en empare). Art mécéné par la politique, la finance, en clair un art déshumanisé.
Portrait de Luis Marcel, par Pierre Souchaud in Artension n°1 septembre octobre 2001 :
" En 1981, il crée la galerie des 4 coins pour commercialiser tous les artistes dont personne ne voulait à une époque où l’art brut et ses dérivés étaient encore frappés d’une sorte de tabou commercial. Il installait sans le savoir, la première galerie « neuve invention » qui devint le point de rencontre de tous ces créateurs jusque là isolés et dispersés.
Pour cet humaniste jovial, amateur de bons vins, de bonne cuisine et autres bonnes choses, l’amour de l’art c’est d’abord l’amour de la liberté. Et ce qu’il aime avec Neuve Invention, c’est de voir chez tous ces créateurs, dont la moyenne d’âge est de plus de 80 ans, une telle juvénilité, une telle force subversive, une telle énergie inventive, une telle intensité dans l’expression de la liberté individuelle."

LA PÉDAGOGIE

En 1988, l’Art en Marche voulait attirer l’attention du Ministère de la culture et des institutions officielles sur l’importance de l’art brut où le nombre de créateurs se multipliait sans cesse. Ces artistes pour la plupart autodidactes osent créer sans se soucier des mouvements officiels. Ils ne font pas la une des médias et le marché de l’art les néglige encore. Leur imagination est débordante, leur sentiment de liberté aussi. A quoi sert
cette imagination sans la liberté ?
C’est la base de la pédagogie créatrice dispensée dans les ateliers de l’Art en Marche. Luis Marcel aime à citer pour exemple :
· Les poilus qui au fond des tranchées sous les obus dans la boue en compagnie des rats ressentaient la nécessité de créer des objets à partir des douilles de munition pour réaliser des oeuvres d’art populaire (nécessaire à couture, bougeoirs,…) qu’ils offriront à leurs fiancées, mères, grands-mères. En plus de la liberté gagnée l’objet réalisé devient porteur d’affection et témoignage de mémoire.
· Ainsi les plasticiens contemporains, CHAMIZO, MOSS, grâce à la peinture et au dessin ont vu leur détention en prison devenir supportable même constructive. En réalité, ils se sentaient un peu moins enfermés que les autres grâce à leur imaginaire. Leur créativité artistique devenait sans qu’ils s’en rendent compte rééducation.
Les ateliers de pratique artistique sont toujours le fruit d’une collaboration étroite entre l’enseignant et l’artiste. Ensemble, ils peaufinent le projet pédagogique ; l’artiste anime l’atelier et l’enseignant reste maître de sa classe. Depuis quelques années l’art singulier a permis de mettre en avant l’utilisation de nos déchets comme matériau pour réaliser reliefs, sculptures, objets en trois dimensions. L’enseignant au-delà de la pratique artistique pourra aussi sensibiliser ses élèves à la surconsommation, au gaspillage, à l’écologie, au respect de la planète. En Afrique, depuis les années 60, l’art Africain contemporain est réalisé à partir des matériaux précaires et sans valeur. Les premières sculptures d’Ousmane SOW étaient par la force des choses éphémères car il utilisait boue, chiffons, végétaux qui se désagrégeaient aux premières pluies. Dans nos ateliers, Claude Brugeilles a fait réaliser à tous les élèves d’une classe maternelle ce qu’ils ont appelé « une oeuvre de cuisine » à partir d’ustensiles culinaires inutilisables, d’objets de récupération et de peintures acryliques. Chaque élève est rentré chez lui avec un masque. A travers cet atelier, les élèves ont pu aborder les arts primitifs, l’art Africain, les religions, la connaissance de l’autre,… le respect.
Cet art injustement considéré pendant bien longtemps marginal l’est de moins en moins. Il suscite un intérêt accru chez les enseignants et les scolaires d’une façon générale. Ce qui justifie depuis la création du musée à Lapalisse en 1997 l’adhésion d’un très grand nombre de professeurs d’art plastique, de conseillers pédagogiques et de responsables d’académie de toute la France. Le rôle pédagogique ne se limite pas aux seuls élèves, nous recevons aussi des professeurs d’école (étudiants de plusieurs IUFM, enseignants en poste, associations des institutrices d’école maternelle), en formation – visites guidées, conférences, animations d’ateliers. A ce titre, l’ensemble des animateurs artistes en permanence dans nos ateliers sont tous agréés par la DRAC. Nous figurons sur les sites internet de différentes académies, en particulier celui du rectorat de la région Auvergne où nous sommes centre de ressources pédagogiques pour les arts plastiques, ce qui nous
permet d’accueillir des classes d’art comme il existe des classes de neige, des classes vertes,...
L’Art en Marche est en relation constante avec les plus importantes associations Européennes d’art thérapie, par exemple Itinéraires Singuliers à Dijon, MUNSTER en Allemagne, musée d’art brut à Lausanne, TINAÏA en Italie, musée Susi BRUNNER à Zurich,…

L’ART, LE MUSÉE

L’Art en Marche est répertorié par le Ministère de la Culture et de la communication « guide pour l’art contemporain » au titre de tous les grands musées Français.
Le musée de l’Art en Marche, premier musée d’exposition permanent « Neuve Invention » dans le Monde est ouvert depuis décembre 1999 dans la rue principale de la ville de Lapalisse. Il présente un ensemble de 350 oeuvres de plus de 150 créateurs hors normes de tous pays, amoureusement réunis depuis une trentaine d’années par le galeriste et amateur d’art, Luis Marcel.
Qu’est ce que « Neuve Invention ?  »
C’est le terme choisi par Dubuffet et Michel Thévoz (alors conservateur de la collection du musée de Lausanne) pour désigner ce qu’ils avaient appelé un premier temps la collection annexe.