Laure Essinger

MARIANE. L’Échouée (Installation)


Le visiteur prend place dans la froide pénombre du petit salon. Face à lui, L’ÉCHOUÉE, installation de MARIANE.
Embarcation, cosse, ventre, graine... on ne sait. L’Échouée repose sur un vaste lit de sachets de toile emplis d’argiles diverses. Chargée de boues et d’herbes sèches, couleur de terre et de temps passé, elle est nichée au creux d’une pirogue aux matériaux identiques.
On croit qu’elle y gît. Elle peut aussi bien y reposer, être en attente, en devenir, errer, rêver... Qu’elle vienne d’ailleurs, nul n’en doute : l’empreinte qu’elle porte de géographies lointaines, de ténèbres, d’existences révolues ou de nos archéologies les plus intimes, celles que nous avons entrevues dans nos rêves, en atteste.
Passage de la vie à la mort, rite initiatique, germination, exhumation, naissance...
Mais aussi : Comment ne pas évoquer les tragiques échouages de l’actualité sur nos côtes méditerranéennes ?
Chacun voit d’abord dans l’Échouée ce qu’il porte en lui. Le reste affleure dans un second temps, quand le visiteur demeuré parfois longtemps dans l’intimité du petit salon, puise dans les forces mêlées de cette œuvre si particulière, un obscur apaisement.
A ce jour, trois personnes seulement ont fui l’Échouée.

MARIANE, artiste plasticienne hors normes, vit dans la Haute Vallée de l’Aude. Quelques unes de ses œuvres ont été rarement exposées. Chaque spectateur s’en souvient.
Elle exposera pour la première fois la quasi totalité de son travail au Chantier en janvier-février 2016.

CI-DESSOUS :
- Luis MARCEL : Une rencontre. (récit) Luis Marcel et le Musée d’Art Brut de Lapalisse (Allier).
- L’ART EN MARCHE, présentation
- Un bref historique de L’ART BRUT